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Liban: 10 jours de contestation inédite au parfum de révolution

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EN IMAGES – Depuis le 17 octobre, le Liban vit au rythme des rassemblements et des barricades. Les protestataires réclament le départ de la classe politique. De nouvelles manifestations sont annoncées dimanche 27 octobre.

Le Figaro / Par Julien Boudisseau et AFP, Reuters Agences

Tout est parti de l’annonce – annulée depuis – d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via WhatsApp, application très utilisée au Liban. Depuis le 17 octobre, le mouvement de colère a pris les responsables de court. Et la principale revendication est désormais le départ de l’ensemble de la classe politique.

TOPSHOT – Lebanese women sit before graffiti reading in Arabic “revolution” drawn on the wall of the domed building in the centre of the capital Beirut known as “The Egg”, an unfinished cinema structure built in the 1960s, on October 24, 2019 amidst ongoing demonstrations against tax increases and official corruption. (Photo by ANWAR AMRO / AFP)

Après plusieurs nuits de rassemblements géants et festifs dans différentes villes du pays, des barricades dressées par les manifestants étaient toujours érigées dans le centre-ville de Beyrouth samedi 26 octobre. Des tentes ont même été installées au beau milieu de certaines voies. Samedi après-midi, de violents heurts ont été signalés entre les manifestants et des soldats à Tripoli, la grande ville du nord.

A l’issue d’une réunion au siège de l’Etat major, l’armée et la police ont fait part de leur volonté «d’ouvrir les principaux axes routiers à travers le pays». «Nous allons négocier avec les protestataires sans avoir recours à la force», a assuré à l’AFP un porte-parole de l’armée.

Banques, écoles et universités sont fermées depuis le début de la contestation, prolongeant la paralysie quasi-totale du pays. De nombreux employés ou cadres ont regretté sur les réseaux sociaux ne pas pouvoir se rendre à leur travail et la crainte d’une pénurie de billets aux distributeurs automatiques commence à monter.

A Lebanese woman holding a placard reading “revolution, the street is ours” blocks the traffic in Beirut on October 24, 2019. – Unprecedented nationwide protests in Lebanon enter their second week, with demonstrators defying the army to block roads and press their demand for a complete overhaul of the political system. Sparked on October 17 by a proposed tax on calls made through messaging apps, the protests have morphed into a cross-sectarian street mobilisation against a political system seen as corrupt and broken. (Photo by Patrick BAZ / AFP)

À lire aussi : Au Liban, la rue maintient la pression

Jeudi 24 octobre, après plus d’une semaine de manifestations et les annonces jugées décevantes du premier ministre Saad Hariri, le président de la République Michel Aoun a proposé de rencontrer des «représentants» des manifestants, sans faire d’autres annonces concrètes pour tenter de calmer la rue.

«Nous resterons jusqu’à la chute du régime. Nous n’avons pas le choix, le peuple a faim», a indiqué à l’AFP un manifestant, alors que les besoins élémentaires – comme l’eau, l’électricité et l’accès universel aux soins – ne sont pas assurés dans le pays.

Toufic, un jeune franco-libanais, nous explique: «C’est une bouffée d’espoir que l’on n’attendait pas. C’est une chance unique que l’on doit tous saisir. La plupart des jeunes soutiennent le mouvement. Certains sont très motivés car ils espèrent pouvoir rester au Liban pour leurs études».

L’ONG Amnesty International a appelé les autorités libanaises à prendre toutes les «mesures visant à respecter le droit des manifestants».

Le mouvement est largement relayé sur les réseaux sociaux. Plusieurs hashtags fédèrent les participants, dont #lebanonrevolution.

«Ce que nous vivons est incroyable, sublime et unique à vivre! Les Libanais crient leur épuisement d’un système qui a trop abusé de leurs forces, crient leur colère face à la corruption de leur gouvernement et de ses institutions», nous raconte Zeina, manifestante et cheffe d’entreprise. «C’est une révolution sans précédent (…) Les gens ne décoléreront pas, c’est tout un pays qui chante à l’unisson et main dans la main pour se sauver».

Dans les villes, d’innombrables panneaux rappellent la revendication numéro un du mouvement: le remplacement immédiat d’une classe politique quasiment inchangée depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Le président du Parlement par exemple, le chiite Nabih Berri, est en poste depuis 1992. Il est souvent considéré comme un des symboles de l’immobilisme politique local.

À lire aussi : La pénurie de dollars paralyse le Liban

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé vendredi 25 octobre ses partisans à déserter le centre de Beyrouth après des heurts avec des manifestants. Un vide du pouvoir «mènerait à l’effondrement du pays», a toutefois mis en garde Nasrallah, évoquant des risques de résurgence d’un conflit.

Les militants du parti chiite pro-iranien, de plus en plus visibles dans les rues, sont excédés par les slogans visant leur leader, au même titre que les autres dirigeants.

Children help Lebanese members of the civil society clear rubbish on a street in the capital Beirut’s downtown district following a night of protests against tax increases and official corruption, on October 21, 2019. – Lebanon’s teetering government is expected today to approve a belated economic rescue plan as the nation prepared for a fifth day of mass protests against the ruling elite.
A proposed tax on mobile messaging applications last week sparked a spontaneous, cross-sectarian mobilisation that has brought Lebanon to a standstill and put the entire political class in the dock. (Photo by Patrick BAZ / AFP)

Les manifestants se disent conscients des tentatives «d’infiltration» du mouvement pour les parasiter. «Il y a une unité totale, et beaucoup de solidarité malgré les tentatives de créer des tensions», poursuit Zeina.

L’impasse dans laquelle se trouve le pays place désormais en première ligne l’armée, sans doute la seule institution encore unanimement respectée au Liban. Samedi matin des soldats ont procédé à la levée de certains camps installés sur des voies stratégiques.

Des manifestants envisageaient de former dimanche une chaîne humaine du sud au nord du pays, de Tyr à Tripoli. Sur 170 kilomètres, cela impliquerait la mobilisation d’au moins 100.000 personnes selon les estimations.

Le rôle des femmes

Zeina, une manifestante engagée depuis le 1er jour du mouvement, nous indique que dans la foule, le rôle des femmes est prépondérant: «Un aspect à saluer est le rôle des femmes qui prennent la parole, qui préparent des repas pour nourrir les manifestants et les soldats, qui se donnent la main pour créer une chaine humaine face à l’armée pour l’empêcher d’utiliser la force contre les manifestants, et offrent une rose, en message de paix, à ces soldats qui sont avant tout Libanais. Ce sont aussi ces femmes journalistes qui assurent le direct sur le terrain toute la journée et une partie de la nuit entourées de manifestants, elles sont parfois bousculées par des hommes en colère mais elles tiennent bon.»

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